ZZ et Lacrim s’enjaillent à « Santa Barbara » !

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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Dans le 94, un véritable passage de témoin est en train de s’opérer. ZZ, jeune rappeur à l’identité résolument street, s’affirme progressivement comme l’un des nouveaux visages de la drill et de la trap locale. À ses côtés, Lacrim incarne une longévité rare et une expérience forgée au fil des années. Fort de plusieurs décennies de carrière, il confirme avec « R.I.P.R.O » un retour solide, porté par près de 15 000 ventes en première semaine, alors qu’il entame sa quinzième année depuis son passage en major. Installé à l’étranger, Lacrim reste l’une des figures les plus respectées et crédibles du rap street.

La rencontre entre les deux artistes prend forme sous le soleil avec « Santa Barbara », une collaboration qui reflète parfaitement les mutations du rap actuel. Les frontières stylistiques s’effacent peu à peu, laissant place à des propositions plus hybrides, où même les figures du gangsta rap s’autorisent des incursions vers des sonorités plus ouvertes, parfois proches de la chanson urbaine.

Lacrim s’inscrit pleinement dans cette évolution. S’il demeure fidèle à une esthétique street, il n’a jamais hésité à injecter une dimension émotionnelle dans ses morceaux. Une sensibilité déjà perceptible dès son premier projet en major « Corleone », notamment sur des titres comme « Le Loup de la street ».

ZZ et Lacrim s’enjaillent à « Santa Barbara » !

La production du morceau est signée Mohand. Manager et producteur influent, il accompagne de près l’artiste Bouss, pour lequel il a notamment composé « Nowhere 2 », « La course » ou encore « Real Life » de Bazbaz, sans oublier sa collaboration avec ce dernier aux côtés de Kalash Criminel. Ici, il propose une rythmique teintée de baile funk, portée par une énergie solaire. Un contraste assumé pour deux rappeurs généralement ancrés dans des univers plus sombres.

Derrière l’efficacité de ses punchlines, ZZ dévoile une facette plus introspective :

« Sans cette vie elle se sent pas libre, veut que compter, veut pas lire
Elle fait tout pour pas s’éloigner de moi, mais j’me sens pas libre »

Lacrim, lui aussi, se laisse porter par une écriture plus nuancée, flirtant avec une forme de poésie brute :

« J’suis fumant, dans ta vie je n’peux qu’tout empirer, un long silence est parfois plus profond qu’un cri »

Le clip, tourné sous un soleil éclatant dans une atmosphère presque onirique, est réalisé par Transac. Proche du collectif Hustler Games selon certaines rumeurs, le réalisateur enchaîne les productions marquantes, avec notamment « Les clés en main » pour Fresh La Douille et Saïf, « Jack Honey » pour Niaks, ou encore « Quartier chaud » pour Hornet La Frappe.

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