Zamdane dévoile « Akira » et poursuit la construction de SABR
Zamdane est un rappeur très particulier au sein de la nouvelle scène rap en France. Il le doit à son parcours comme à son état d’esprit. Arrivé du Maroc, il pose ses valises à…

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Zamdane est un rappeur très particulier au sein de la nouvelle scène rap en France. Il le doit à son parcours comme à son état d’esprit. Arrivé du Maroc, il pose ses valises à Marseille et entame sa carrière d’artiste. Le rappeur et chanteur a toujours été tiraillé entre les deux bords de la Méditerranée. En interview avant la sortie de Rahma (« Miséricorde » en arabe) chez France 24, il explique qu’il est le fils d’un père érudit et guide touristique à Marrakech. À une époque où Internet n’avait pas encore vulgarisé les échanges culturels, il se nourrit de la culture musicale des touristes et de celle de ses parents. Le résultat est un véritable métissage culturel.
Aussi, contrairement à ses confrères rappeurs, l’artiste ne verse pas dans l’egotrip des années 2010. Il parle beaucoup de street, de rue, mais avec une mélancolie, un réalisme et un pessimisme qui le rapprochent davantage d’artistes comme PNL que des artistes de trap. En interview chez La Provence avant la sortie de Rahma, il évoque ses inspirations : « La musique, c’est très instinctif, on ne sait jamais de quoi on va parler avant. » En réalité, Zamdane, « l’affamé » à l’assaut de la métropole, ne parle pas toujours de rue. Il parle de sa famille, d’amour quelquefois, mais, comme tous les exilés, il porte une mélancolie qui reste gravée dans son être : celle de ne jamais être tout à fait chez soi, là-bas ou ici.
Son dernier projet en date, Rahma, est aussi son premier succès commercial total. Avec plus de 14 000 ventes, il double ses chiffres et se paie le luxe de sortir un documentaire réalisé par Grünt, qui l’a suivi en immersion avec son équipe pendant la production de l’album. En interview chez La Provence, il laisse entendre qu’il « voulait montrer la vraie vie, loin de ce qui est exposé dans les médias ». L’artiste prépare actuellement le projet SABR, avec cette étiquette apposée sur plusieurs de ses titres, comme Akira. Akira est un manga historique qui a été maintes fois récompensé en festival, un chef-d’œuvre de l’animation japonaise, loin des banalités du genre. Ce n’est pas la première fois que Zamdane fait appel à la pop culture dans ses titres : il avait notamment consacré un morceau à Padmé, personnage des trois premiers épisodes de Star Wars.
Zamdane sourit comme « Akira » dans son premier morceau !
La composition instrumentale du titre est signée Thug Dance, Jy Prod et Winalca. Thug Dance a été sollicité sur toutes les dernières compos de Zamdane. Il a notamment produit Été solitaire, Dernière pluie et même Bad Day, extrait de SABR. Le compositeur a aussi placé une prod chez Soso Maness, PLK et Naps avec DLB13014. Jy Prod a collaboré avec Zamdane sur Monstres, extrait de l’album SOLSAD. Il a également travaillé avec L’Algérino, Franglish et Alonzo.
Quelques notes de piano bien mélancoliques viennent accompagner le rap de Zamdane, qui parle de la street comme personne, sans matières grasses, sans discours pour la sacraliser ou l’anoblir. La rue est la « mère des enfants perdus » :
« Cette saleté d’street m’a contaminé mais au moins
Elle fait rentrer des billets tous les mois (tous les mois, tous les mois)
Dans les zones où y a plus d’espoir, si j’fais du sale, excusez-moi
Mais personne nettoie mes idées noires (idées noires, idées noires) »
Entre l’arabe et le français, Zamdane se balade sans se contredire, ni renier ou trahir l’état d’esprit qui l’a amené au sommet avec Rahma. Il n’y aura pas de révolution avec SABR, juste de la continuité.
Le visuel a été réalisé par Axel Chely. Il suit Zamdane autour d’une tour, filmée comme dans un documentaire de faits divers, avec des visages floutés. Axel Chely a signé les derniers visuels de Zamdane. Apparemment, cette nouvelle collaboration est d’une importance capitale. Il avait déjà mis en scène Bad Day et Été solitaire.


