Soso Maness annonce le final de « Rescapé » sur Netflix
Soso Maness a ce que la plupart des rappeurs français cherchent tout au long de leur carrière : « la street crédibilité » ! Comme Lacrim, le rappeur marseillais n’a pas vraiment eu besoin…

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Soso Maness a ce que la plupart des rappeurs français cherchent tout au long de leur carrière : « la street crédibilité » ! Comme Lacrim, le rappeur marseillais n’a pas vraiment eu besoin de s’inventer un vécu de taulard : il a lui-même été incarcéré. Mais Soso Maness, dans la plupart de ses interviews, n’en a paradoxalement pas fait un élément valorisant de sa carrière. Il raconte, ému, dans l’ABCDR du Son comment s’est déroulée son arrestation :
« Si je dois retenir une image, de ma carrière, de ma vie de pseudo-trafiquant, c’est cette image-là. Je suis menotté, il y a des policiers partout, ma mère pleure et je suis essoufflé, je lui demande de l’eau. Elle me donne un verre et ses mains tremblent. C’est resté gravé dans ma tête. C’est comme ça qu’elles me viennent ces phases percutantes. Je peux replonger très rapidement. Peut-être que j’y suis encore. Dans le genre j’en ai d’autres, “je suis au cimetière je vois vos rictus”, l’image, je l’ai vue en face de moi, je ne l’ai pas vue dans Le Parrain. »
Déjà plus jeune, le rappeur avait collaboré avec Demon One et Intouchable autour de « La Relève ». Bien des années plus tard, alors que le groupe mythique de la Mafia K’1 Fry fait son retour, ils remettent le couvert entre Font-Vert et le 94, dans un rap bien écrit, puissant et explosif. « La Relève 2 » a ainsi été dévoilé en 2025.
Côté projets, Soso Maness a sorti À l’aube en 2022. Mais le rappeur marseillais est surtout l’homme des coups d’éclat. Sur 13’Organisé de Jul, l’hymne « Bande organisée », immense succès sur YouTube, voit notamment son couplet et son fameux « Zumba, zumba, cafew » devenir un phénomène. Il sort ensuite « Petrouchka » avec PLK et fait exploser les plateformes de streaming en samplant une mélodie puisée dans le répertoire russe.
Soso Maness a aussi souvent été précurseur. En 2018, il dévoile un court-métrage intitulé Rescapé, qui préfigure son premier album du même nom, sorti en mars 2019. Il y raconte son parcours, entre ses débuts dans l’industrie du crime et son entrée dans celle du disque. L’artiste établit un véritable storytelling, à l’instar de Ghostface Killah dans 36 Seasons. Le court-métrage Rescapé a depuis dépassé le million de vues sur YouTube.
Peu à peu, cette première expérience devient une véritable saga qui ne dit pas son nom. Plusieurs clips et courts-métrages viennent se greffer à ce storytelling, à commencer par Le vent tourne en 2019, écrit par Soso Maness et réalisé par Beat Bounce. Suivront notamment Le sang appelle le sang en 2020, puis d’autres prolongements cinématographiques de son univers.
Les liens entre cinéma et rap sont pourtant plus anciens. La Haine, sortie en 1995, puis Ma 6-T va crack-er, sorti en 1997, comptent parmi les œuvres qui ont participé à l’installation de la culture hip-hop dans le cinéma français. En 2000, Akhenaton franchit une nouvelle étape en passant lui-même derrière la caméra aux côtés de Kamel Saleh pour Comme un aimant, illustration de ce rapprochement toujours plus étroit entre les deux disciplines.
Depuis, avec JVLIVS de SCH ou Force & Honneur de Lacrim — auquel Soso Maness a d’ailleurs participé —, les liens entre le rap et le cinéma sont devenus de plus en plus étroits. Des artistes comme Fianso, Kaaris et beaucoup d’autres multiplient les apparitions dans le septième art, tandis que les rappeurs eux-mêmes se mettent au cinéma et que les clips deviennent toujours plus cinématographiques. C’est fini : le rap est devenu fréquentable.
Après la sortie de Bronx, que Soso Maness avait beaucoup critiqué pour sa représentation, il avait mis Netflix au défi de lui donner un budget afin de proposer sa propre représentation du milieu marseillais. Plusieurs années plus tard, le rappeur annonce désormais dans son nouveau titre « RESCAPÉ » que le grand final de cette aventure doit passer par Netflix. Une annonce faite directement par l’artiste, même si les contours du projet n’ont pas encore été détaillés officiellement par la plateforme.
Soso Maness annonce son grand final sur Netflix dans « Rescapé » !
La composition instrumentale est signée Devil. Le compositeur avait déjà collaboré avec l’artiste marseillais sur « Le Haqq », dont la production était signée Devil et Trizy. Il a également placé deux productions pour l’artiste Fadah sur « En Vie » et « Nid d’embrouille ».
La composition est taillée sur mesure pour Soso Maness. Le rappeur a l’habitude de faire du neuf avec du vieux. Loin d’être old school — plutôt de la « bonne école », comme pourrait le dire Demi Portion —, il possède une technique aussi impressionnante que celle des rappeurs des années 90, du texte et une énorme crédibilité.
Son goût pour le storytelling, présent depuis Rescapé, contribue à faire de lui un rappeur atypique, davantage leader que suiveur. Vous ne verrez pas Soso Maness enchaîner un énième titre de « trap de merde » — pour reprendre une formule de Booba : « Moi aussi, je sais en faire de la trap de merde. »
L’artiste évoque avec humour noir le milieu marseillais :
« Venir me voir à quoi ça sert, rester avec nous à quoi ça sert, ici ça va te contaminer, tu nous fais la bise, tu finis sur CR. »
Le visuel a été réalisé par Drive By. Entrecoupé de scènes de storytelling, il vient surtout annoncer le grand final sur Netflix. Et les gars de Drive By n’ont pas été choisis par hasard. Ils ont déjà réalisé plusieurs visuels dans le rap, comme « HÉHÉ HÉ » de Gambi.
Drive By est également lié à Julio Iborra et Katim Saibi, deux figures du cinéma guérilla marseillais associées notamment à Enfant du Soleil, sorti en 2019, et Microbe, sorti en 2023. Un choix qui renforce encore davantage la dimension cinématographique de ce nouveau chapitre de Rescapé.
