Tonton, aka Rim’K, membre du 113 et pilier historique de la Mafia K’1 Fry, fait partie des véritables pionniers du rap français. Depuis son 94, au cœur du « triangle d’or » Orly–Choisy–Vitry, il a décroché avec son groupe l’une des premières Victoires de la Musique décernées au rap, à une époque où le genre, encore balbutiant, se retrouvait souvent relégué dans la catégorie « musique urbaine ». Un monument, à tous les sens du terme.
Alors que de nombreux artistes des années 90 — voire 2000 — tentent aujourd’hui des retours avec plus ou moins de réussite, Rim’K, lui, a su revenir depuis longtemps en solo, avec une esthétique profondément contemporaine. Pas question pour lui de rejouer les « Princes de la Ville ». Depuis son projet ADN, il multiplie les collaborations avec la jeune garde, à l’image de Ninho sur « Air Max », et adapte sans cesse sa musicalité tout en conservant son verbe et sa puissance de flow. Un véritable caméléon du rap.
En janvier dernier, l’artiste dévoilait Run, accompagné de précieux featurings comme L2B, figures du 94 reconnues pour leurs titres très ambiancés. Il réédite ensuite ce projet avec Run Evolution. Grâce au single éponyme en featuring avec SDM, il décroche un single de platine — une performance notable pour un rappeur dont les premiers projets datent d’avant la naissance d’une bonne partie de la nouvelle génération.
Sur Run Evolution, on retrouve également Genezio et Saïf. L’artiste a récemment dévoilé le visuel de Rose Blanche, un morceau qui s’appuie sur des instruments arabes et raconte une histoire d’amour. Un registre suffisamment rare dans la carrière de Tonton pour être souligné.
Rim’K raconte l’histoire de sa « Rose Blanche » !
La production instrumentale est signée Boumidjal et Holomobb. Ancien membre du Double X, Boumidjal a marqué le rap français dans les années 2010. Il travaille fréquemment avec le duo Holomobb, à qui l’on doit notamment le « Numéro 23 » de Rim’K, « McLaren » de Favé, « AVALM » de SDM, ou encore « Run » de Rim’K et SDM. Une équipe avec laquelle Rim’K entretient une vraie continuité artistique.
Les beatmakers optent ici pour des instruments arabes, dont le ney, offrant une composition élégante et singulière. Rim’K y raconte une histoire d’amour marquée par la dualité.
« Dans mon désert, j’ai vu pousser une p’tite fleur
J’ai rêvé qu’j’épousais une reine au bout de l’univers
Que j’repoussais le mal avec un sabre laser »
ou encore :
« Si ton cœur est une éponge, le mien, il est en pierre
Elle brille comme une étoile dans l’ombre ou dans la lumière »
Le visuel est signé Axel Haze. Le réalisateur met en scène deux acteurs pour incarner l’histoire de Rim’K et sa « Rose Blanche ». On lui doit déjà des clips remarqués comme « T’aimes ça » de Monsieur Nov, « Go » de Rim’K et Kekra, ou encore « Violet » de Uzi et RK.


