Home NEWS CLIP Rim’K et Limsa d’Aulnay sont des « Enfants perdus » !

Rim’K et Limsa d’Aulnay sont des « Enfants perdus » !

0

Rim’K appartient à cette génération de rappeurs qui ont connu une époque où le rap français devait encore se satisfaire de la catégorie « Musiques urbaines » aux Victoires de la musique. Introduite en 2007 dans la grande cérémonie bleu-blanc-rouge de l’industrie musicale française, cette appellation ambiguë est peut-être même à l’origine du terme « musique urbaine », devenu omniprésent dans le paysage médiatique depuis l’explosion de Sexion d’Assaut. Une époque que Rim’K connaît parfaitement : avec 113, il remportait alors la Victoire de la musique de l’« album rap ou groove de l’année ». Porté par l’album mythique Les Princes de la ville, le groupe de Vitry-sur-Seine ne s’est pas contenté d’empiler les récompenses : il a profondément transformé l’imaginaire du rap français tout en imposant un immense succès populaire.

En solo, Rim’K amorce un retour remarqué à partir de 2018. On le retrouve notamment aux côtés de Ninho sur un morceau où les deux artistes paradent en « Air Max » au milieu des blocs. Là où certains rappeurs de sa génération peinent à dialoguer avec la nouvelle scène, Rim’K, lui, traverse les époques avec une étonnante fluidité. Inutile de lui parler de nostalgie ou de rap old school : le rappeur peut trapper comme Kaaris, s’aventurer dans des sonorités 2-step ou encore revenir à ses racines algériennes au rythme de la derbouka, dans une continuité presque naturelle avec son classique Tonton du bled. Une direction artistique qu’il poursuit notamment avec TIF et Sofiane Pamart sur « Tant Pis ».

Dans son dernier projet en date, RUN, Rim’K multiplie les collaborations avec toute la nouvelle garde du rap français : SDM, Kekra, Zamdane ou encore TH. Invité sur le plateau de Légendes Urbaines, il confiait d’ailleurs toute son admiration pour SDM : « Incroyable, le petit frère, j’aime trop. En dehors du fait que, pour moi, ce soit un artiste qui compte pour le rap français et qui comptera dans les années à venir, c’est un exemple d’humilité. Il a tout compris, il est incroyable. C’est le dosage parfait. »

Aujourd’hui, l’artiste dévoile « Les Enfants perdus », un morceau aux sonorités volontairement plus classiques partagé avec Limsa d’Aulnay. Un titre qui évoque presque immédiatement l’univers de Keny Arkana, figure incontournable des années 2000, qui avait marqué toute une génération avec son classique La Mère des enfants perdus.

Rim’K et Limsa d’Aulnay sont des « Enfants perdus » !

La composition instrumentale du morceau est signée Rosaliedu38 et Esone. Rosaliedu38 s’est notamment illustrée auprès de PLK sur les morceaux « Bleu & Rouge » et « Tu dors ? », mais aussi avec Ziak sur « La tombe de Marley ». De son côté, Esone collabore principalement avec Ptite Soeur. Ensemble, les deux producteurs livrent une instrumentale à la fois sobre, mélancolique et puissante, laissant aux deux rappeurs tout l’espace nécessaire pour déployer des textes empreints de vécu :

« Quand t’as grandi à la campagne avec des vaches, des poules et des paysans
Eh, Aulnay-sous’ et Vitry, c’est dépaysant »

Ou encore :

« On était des enfants perdus, mais nous, on n’avait pas d’Fée Clochette »

Rim’K répond avec la même lucidité brute :

« La Mort se balade en scooter, écouteurs, le shooter, il est jeune, il est mineur »

Avant d’ajouter :

« J’m’attache pas au matériel, j’t’insulte dans ma langue maternelle »

Le visuel, tourné au Boulevard de la Chapelle, est signé Nexlab. Le réalisateur s’est déjà illustré derrière « Humeur » de Rodes, « Bail » de DTF ou encore « OK » de Kodes. Fidèle à son esthétique, le metteur en scène joue ici avec des couleurs désaturées, des lumières froides et des décors urbains grisâtres qui renforcent la dimension mélancolique du morceau.

You cannot copy content of this page

Secret Link
Exit mobile version