
La Mano 1.9 et Ninho réunis sur « FBI », le premier coup d’éclat du label Play To Sky
July 13, 2026
Play To Sky est le nouveau label imaginé par Babs PLR en partenariat avec Play Two et Believe. Plus qu’une simple structure de production, le projet a été conçu pour s’adapter aux nouveaux usages du streaming, en permettant à des artistes de collaborer sur un single ou un projet ponctuel, sans les contraintes d’un contrat longue durée. L’ancien producteur de Werenoi poursuit ainsi son ambition de bâtir un modèle plus agile, capable de répondre au rythme de consommation imposé par les plateformes. Pour son nouveau coup d’éclat, Play To Sky réunit deux générations du rap français : Ninho, figure incontournable du genre, et La Mano 1.9, l’une des révélations les plus marquantes de ces dernières années.
Depuis 2024, La Mano 1.9 s’est imposé comme l’un des nouveaux visages du rap français. Ses freestyles drill, d’une intensité rare, attirent rapidement l’attention avant d’envahir TikTok. Pourtant, le rappeur refuse d’être réduit au statut de phénomène des réseaux sociaux. Interrogé par Booska-P dans l’émission 24H avec La Mano, il répond avec assurance : « Qu’est-ce qu’un rappeur TikTok a à envier à un autre rappeur ? ».
Les faits lui donnent raison. En 2025, il dévoile R.A.T., un premier projet particulièrement solide porté par des collaborations avec Tiakola, Vacra et SDM. Le single « Sexy Woman » décroche une certification platine, tandis que l’artiste est sacré Révélation masculine de l’année lors des Flammes. Après avoir rempli La Cigale puis le Zénith, il franchit une nouvelle étape de sa carrière en partageant, pour la première fois, un morceau avec Ninho sur « FBI ».
Difficile de présenter encore Ninho. Avec cinq projets certifiés disque de diamant, un record inédit dans le rap français, auxquels s’ajoutent de multiples certifications platine et triple platine, le rappeur continue d’écrire l’histoire du genre. Son dernier projet, M.I.L.S 4, a décroché un disque d’or dès sa première semaine d’exploitation, confirmant une régularité exceptionnelle. En réunissant Ninho et La Mano 1.9, Play To Sky associe l’une des plus grandes références du rap français à l’un de ses héritiers les plus prometteurs.
La Mano 1.9 et Ninho réunis pour la première fois sur « FBI »
L’instrumentale de « FBI » est signée Mousta, YungOnTheTrack, Camaya, Lester et Yacine Music. À elle seule, cette équipe de producteurs résume une partie de ce qui se fait de mieux dans la trap et la drill actuelles.
Camaya, notamment, s’est imposé comme l’un des beatmakers les plus recherchés de la scène française. Son CV parle pour lui : Ninho sur « 5 Bleus », Ashe22 sur « 7AR », Nahir et Freeze Corleone sur « Moneygram Part 3 », ou encore Joysad sur « Enfers ». Sa signature sonore repose sur des productions froides, minimalistes et particulièrement cinématographiques.
Mousta, de son côté, a notamment travaillé avec Seth Gueko sur « J’veux des sous », tandis que Lester et YungOnTheTrack apportent une touche plus internationale à cette production. Ensemble, ils construisent une ambiance sombre, électrique et tendue. Si La Mano 1.9 comme Ninho savent parfois s’aventurer vers des morceaux plus mélodiques, ils renouent ici avec l’univers brut qui a façonné leur identité artistique.
Sur « FBI », La Mano 1.9 livre un egotrip sans filtre :
« J’vais, j’vais les désactiver, ils sont pas réactifs, khouya, les comptes ils sont carrés, on chill.
C’est mes gosses, j’leur ai mis la tétine, en primaire ça volait même la coopérative. »
Ninho, fidèle à lui-même, alterne arrogance maîtrisée et sens de la formule :
« J’ai pas de darons dans la tess, c’est moi qui compte, personne peut me gronder.
Jacuzzi, dix tapins, j’ai le zingué, les feux, photo pour le magazine. »
Dévoilé en plein cœur de l’été, « FBI » ne cherche pourtant pas à cocher toutes les cases du traditionnel « tube de l’été ». À contre-courant des recettes calibrées pour la saison, Ninho et La Mano 1.9 préfèrent rester fidèles à leur univers. Une tendance de plus en plus marquée dans le rap français : plutôt que de fabriquer artificiellement un hymne estival, les artistes laissent désormais les plateformes, les réseaux sociaux et surtout le public décider du véritable tube de l’été.