
Kaaris revient avec « BYAKUGAN », clip de « Van Halen » et ventes solides
July 9, 2026
Un an après « Z.E.R.O », Kaaris effectue son retour avec la mixtape « BYAKUGAN », parue le 12 juin dernier. En seulement une semaine d’exploitation, le projet franchit le seuil des 10 000 ventes, preuve que le rappeur de Sevran continue de fédérer une communauté de fans particulièrement fidèle. Révélé en 2013 grâce au classique « Or Noir », produit par Therapy, Kaaris est régulièrement crédité d’avoir contribué à imposer la trap dans le paysage du rap français, à une époque où le mouvement dominait déjà les États-Unis et où les premières sonorités de la drill commençaient à se faire entendre.
Originaire de Sevran, devenue au fil des années l’une des places fortes du rap français, Kaaris a longtemps alimenté les débats autour de son rôle dans le rayonnement de sa ville. Une rivalité symbolique s’est notamment installée avec Booba, proche de plusieurs figures sevranaises, chacun revendiquant, à sa manière, une certaine légitimité sur ce territoire. Une chose, en revanche, ne souffre d’aucune contestation : « Or Noir » s’est imposé comme l’un des albums fondateurs du rap français moderne, influençant durablement toute une génération d’artistes.
Près de treize ans après ce disque devenu culte, Kaaris signe un retour porté par des chiffres de ventes particulièrement encourageants. Invité de Mehdi Maïzi sur France Inter, le rappeur confie pourtant avoir le sentiment de devoir constamment se mesurer à son propre classique :
« Chaque fois que je balance un truc, les gens m’insultent. »
Selon lui, plusieurs de ses projets possèdent un niveau de qualité comparable à « Or Noir », mais l’aura acquise par cet album en a fait une référence presque impossible à égaler dans l’esprit d’une partie du public.
Ce bon démarrage commercial s’explique aussi par un véritable retour aux fondamentaux. Dès les premiers extraits de « BYAKUGAN », avec « La Chèvre » puis « Freestyle Petzi », Kaaris retrouve l’univers sombre, brutal et viscéral qui a forgé sa réputation. Son écriture, loin de se limiter à la provocation, repose sur un imaginaire d’une rare violence, nourri de métaphores tranchantes et d’images percutantes qui parcourent toute son œuvre, de « Kalash » jusqu’à « Van Halen ».
Cette dualité constitue d’ailleurs l’une des signatures de son univers artistique. Déjà sur « Le Bruit de mon âme », aussi bien à travers l’album que son esthétique visuelle, Kaaris mettait en scène deux facettes de sa personnalité : une lumière discrète constamment rattrapée par une part d’ombre omniprésente, qui nourrit son écriture depuis ses débuts.
C’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui le clip de « Van Halen », choisi pour accompagner la promotion de « BYAKUGAN ».
Kaaris dévoile le clip de « Van Halen » pour défendre « BYAKUGAN »
La production est signée Biggy-Joe. Le compositeur avait déjà retrouvé Kaaris sur « La Chèvre », premier extrait de la mixtape. Figure montante de la production française, Biggy-Joe s’est également illustré avec « Sale État » de Ninho et Gradur, « 200 m » de RK, ainsi que « Silence » de Sicario.
Sa composition, massive, tendue et percutante, épouse parfaitement l’univers du rappeur sevranais. Les basses écrasantes, les nappes menaçantes et les sonorités métalliques redonnent à Kaaris un terrain d’expression familier. L’ensemble dégage une intensité rarement démentie, portée par une ambiance aussi sombre qu’oppressante.
L’egotrip est assumé de bout en bout, comme en témoignent ces quelques lignes :
« Vous êtes des sales traîtres et vous puez l’déclin, je vous souhaite le pire que peut vivre un humain.
Tu peux rapper jusqu’à t’essouffler, t’auras jamais l’niveau de mon pire couplet.
Tu peux rapper même devant ton tombeau, tu feras jamais un classique comme « Zoo ». »
Avec « Zoo », publié avant « Or Noir », Kaaris avait déjà frappé un grand coup dans le rap français. Ce morceau annonçait l’arrivée d’un artiste au style immédiatement identifiable, dont la consécration allait intervenir plus tardivement que celle de nombreux rappeurs de sa génération.
Le clip de « Van Halen », sombre et énigmatique, est réalisé par Sponge. Entièrement vêtu de noir, Kaaris évolue dans un décor nocturne dominé par une lune menaçante, comme prisonnier d’un univers oscillant sans cesse entre réalisme et cauchemar. Plusieurs séquences générées grâce à l’intelligence artificielle viennent renforcer cette esthétique inquiétante et prolongent l’atmosphère pesante du morceau.
Cette collaboration entre Sponge et Kaaris s’inscrit dans une véritable continuité artistique. Le réalisateur avait déjà signé le visuel du « Freestyle Petzi », confirmant une entente créative qui retranscrit avec justesse l’univers sombre, brutal et cinématographique du rappeur de Sevran.