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Booba présente « Les Zhommes », un clip IA extrait de « Blanco Nemesis »

July 21, 2026

Onze ans après « Nero Nemesis », Booba en dévoile le pendant lumineux avec « Blanco Nemesis », paru en mai 2026. À l’issue de sa première semaine d’exploitation, le projet s’est écoulé à un peu moins de 10 000 équivalents ventes. Quelques mois avant sa sortie, le rappeur en esquissait déjà les contours dans un entretien accordé au Parisien :

« Ça arrive. Il faudra attendre un peu. Blanco Nemesis sera disponible au premier semestre 2026, onze ans après Nero Nemesis, qui est considéré comme mon meilleur album. C’est sa version lumière. On en revient à notre seul combat : la lumière contre l’obscurité. »

Cette opposition entre clarté et obscurité résume assez bien la trajectoire d’un artiste qui, depuis plus de deux décennies, s’efforce d’anticiper les transformations du rap français. Avec « 0.9 », Booba avait ainsi largement contribué à imposer l’Auto-Tune dans l’Hexagone, au prix d’une pluie de critiques. L’effet vocal était pourtant déjà solidement installé aux États-Unis, notamment grâce à des artistes comme T-Pain. Quelques années plus tard, une grande partie du rap français finira par adopter cette esthétique. Une évolution que Booba ne manquera pas de rappeler sur « Trône » :

« Depuis “0.9”, ils critiquaient mais ont tous saigné l’Auto-Tune. »

Plus largement, le rappeur a régulièrement contribué à déplacer les frontières musicales du genre. Il a accompagné l’essor de la chanson urbaine avec des titres comme « Petite Fille », exploré les sonorités reggaeton avec « Validée » — après une première incursion aux côtés de Farruko — et joué un rôle déterminant dans l’émergence de la trap en France en soutenant Kaaris à ses débuts. Sans être systématiquement à l’origine de ces courants, il a souvent su les identifier, les intégrer à son univers et leur offrir une exposition décisive.

Avec « Blanco Nemesis », Booba poursuit cette logique en assumant cette fois le recours à l’intelligence artificielle dans son processus créatif. Invité dans l’émission « Carré d’As », diffusée sur OKLM, il présente l’IA non comme un substitut à l’artiste, mais comme un outil supplémentaire, comparable à ce que Pro Tools a pu représenter lors de la démocratisation de la production numérique :

« Quand j’ouvre mes mails, je m’en bats les couilles que ce soit un humain ou une IA, c’est la même chose. »

Pour Booba, la technologie ne dispense donc ni du choix, ni du goût, ni de la direction artistique. Elle fournit une matière première que l’artiste doit encore sélectionner, transformer et incarner. Après l’Auto-Tune, la chanson urbaine ou certaines hybridations latines, l’intelligence artificielle pourrait ainsi constituer une nouvelle mutation que le DUC aura su intégrer avant une partie de ses concurrents.

Cette réflexion prend une forme concrète avec « Les Zhommes », extrait de « Blanco Nemesis ». Pour accompagner le morceau, le rappeur dévoile un clip entièrement conçu en noir et blanc à l’aide de l’intelligence artificielle, prolongeant visuellement l’esthétique du projet.

Booba prolonge l’univers de « Blanco Nemesis » avec « Les Zhommes »

La composition instrumentale est signée Zee Beatmaker et Baile Brolike. Particulièrement présent sur « Blanco Nemesis », Zee Beatmaker participe à plusieurs titres majeurs de l’album, parmi lesquels « Kendall », « Tempête », « Inconditionnel » et « Tout ira bien ». Son travail contribue à donner au projet sa cohérence sonore, entre productions aérées, mélodies mélancoliques et rythmiques plus tranchantes.

Baile Brolike possède, de son côté, une histoire déjà ancienne avec les sonorités qui entourent l’univers de Booba. Le producteur a notamment collaboré avec PNL sur « Mira » et composé « ZER », l’un des morceaux de « Nero Nemesis ». Sur « Les Zhommes », les deux beatmakers élaborent une production à la fois ample et épurée, fidèle à la dimension plus lumineuse de « Blanco Nemesis », sans pour autant effacer la froideur qui caractérise l’écriture du rappeur.

Car derrière cette apparente clarté, Booba reste fidèle à l’une de ses spécialités : l’art de glisser des références, des règlements de comptes et des provocations au cœur de ses couplets. Il vise notamment XVBarbar et Leto :

« Sauf qu’il faut arrêter tôt (les Zhommes), comme XVBarbar et Leto (les Zhommes)
Taureau le long de mon cognac, rien sur le caillou comme Kojak »

Le rappeur adresse également une nouvelle pique à Laurent Bouneau, avec lequel il entretient un conflit de longue date :

« Le 11.43 te met au pas (les Zhommes), c’est pas l’effet placebo (Les Zhommes)
J’ai produit Yakalelo (les Zhommes), fuck un colon, fuck Laurent Bouneau (Les Zhommes) »

À travers la mention de « 11 h 43 contre les lois racistes », Booba convoque également un chapitre fondateur de l’histoire du rap français. Publié dans le contexte des lois Debré et Pasqua, ce morceau collectif est devenu l’un des symboles de l’engagement du hip-hop contre les politiques migratoires et les discriminations. La référence permet au rappeur de relier son propre parcours à une mémoire politique plus large, tout en rappelant que le rap français s’est aussi construit comme un espace de contestation.

Le clip est réalisé par GLYTCH, un créateur spécialisé dans les productions générées à l’aide de l’intelligence artificielle. Celui-ci s’est fait connaître grâce à des univers visuels inspirés par des artistes comme Kanye West, Billie Eilish ou The Weeknd. Ses créations, régulièrement relayées sur les réseaux sociaux, dépassent fréquemment le million de vues.

Pour Booba, GLYTCH imagine un monde apocalyptique intégralement traité en noir et blanc. Les silhouettes, les décors dévastés et l’atmosphère presque irréelle donnent au morceau une dimension crépusculaire qui contraste avec la promesse lumineuse de « Blanco Nemesis ». Un paradoxe parfaitement cohérent avec l’univers du DUC, où la lumière ne se révèle jamais sans laisser subsister une part d’ombre.

Booba - Les zhommes (Clip Officiel)

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