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Ben PLG et Orelsan parlent de santé mentale dans « Mentir au psy »

Paradoxalement, Ben PLG n’a pas vraiment le pedigree pour être un rappeur hardcore. Il est vrai que le Nord de la France, autrefois absent de la scène rap nationale, a enfanté Gradur, ZKR et…

Ben PLG et Orelsan parlent de santé mentale dans « Mentir au psy »

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Relations documentées

Paradoxalement, Ben PLG n’a pas vraiment le pedigree pour être un rappeur hardcore. Il est vrai que le Nord de la France, autrefois absent de la scène rap nationale, a enfanté Gradur, ZKR et bien d’autres kickeurs parmi ses plus beaux fruits. Mais dans ce paysage où la testostérone de ces messieurs aux mots durs concurrence parfois leur arrogance et leurs punchlines taillées dans la vanité, Ben PLG détonne.

Né à Villeneuve-d’Ascq et ayant grandi à Tourcoing, sans son père, avec un petit frère malade, puis une carrière dans l’aide aux personnes handicapées, Ben PLG n’a pas vraiment la street credibility d’un Soso Maness ou d’un Lacrim. Son biopic ferait un sujet d’exception pour Ken Loach et n’aurait rien à voir avec un « Top Boy », voire un « Power ».

Dans un moment de lucidité, un écrivain habile avait paraphé l’un de ses textes d’une formule : « Seules les personnes qui sortent du cadre voient l’œuvre dans son ensemble. » Car au-delà de sa carrière dans le social et de ses égarements dans l’enfance, Ben PLG est un enfant du Nord, de cette région qui, depuis le début du siècle dernier, a connu traumatisme sur crise : une région ouvrière par définition, dans laquelle le paysage s’assombrit et où l’ombre du RN grandit.

Alors, au lieu de parler de lui-même et de sa capacité à emmagasiner les billets de banque sous son lit, ou de raconter une fausse vie de bicraveur, le rappeur parle de l’histoire des gens de chez lui, entre traumatismes et réveil. L’artiste, qui dit avoir fondé la « réalité rap musique » dans Télérama, a surtout popularisé une forme de « rap social ».

Sa carrière prend un tournant exceptionnel lorsqu’il participe, en 2022, à Nouvelle École. Malheureusement, il est éliminé dès le premier tour. Il s’adresse alors à StreetPress avec une formule magique : « Je suis dans la peau du mec qui a loupé le penalty à la première finale mais qui va mettre un triplé au match d’après. »

L’artiste dévoile Dire je t’aime et Paraît que les miracles n’existent pas en 2024 et 2025. Il y développe les thèmes qui lui sont chers et qui symbolisent, à ses yeux, les traumatismes de sa région : le Nord. Puis, hier, l’artiste sort L’Histoire sans fin, avec des featurings d’Orelsan, Camille Yembé et Mathilde. Le rappeur y développe également son rapport à la paternité.

Comme un certain Orelsan, qui raconte l’histoire de sa génération au fil de sa discographie, jusqu’à La fête est finie, Ben PLG évolue au cours de sa carrière. Il n’est pas figé, comme un personnage de Friends, dans le même caractère pendant vingt ans.

En 2022, lorsque StreetPress lui avait consacré un documentaire, l’artiste avait évoqué son admiration pour Lomepal et Orelsan. Maintenant qu’il réalise ses rêves et qu’il n’est plus un « KSOS », un autre risque guette le rappeur, à mesure qu’il s’éloigne des difficultés de cette région qui coule « dans son sang » : l’embourgeoisement.

Ben PLG et Orelsan parlent de maladie mentale dans « Mentir au psy »

La composition instrumentale du titre est signée Neophron et Lucci Prod. En ce qui concerne Lucci Prod, Ben PLG a construit une partie importante de sa carrière avec ce beatmaker. Il a été de toutes les batailles, notamment sur Paraît que les miracles n’existent pas, avec « On tombe, on essaie » et « Guerre des pissenlits ».

Sur ce projet, cependant, l’artiste ouvre davantage son répertoire à la trap et à des titres plus « mélo ». Neophron participe à cette ouverture du côté des compositeurs. Producteur belge, il a notamment beaucoup collaboré avec Ptite Sœur et FEMTOGO. Le titre reste pourtant ouvert musicalement, tout en conservant une solide base rap.

Orelsan et Ben PLG y évoquent un sujet encore tabou en France comme ailleurs : la santé mentale. Peu d’artistes reconnus ont abordé frontalement cette question. Ce sont surtout quelques artistes indépendants qui se sont risqués sur ce terrain. Diam’s, dans son dernier projet musical, avait cependant ouvert une voie, avec une position particulièrement tranchée sur la question.

Dans leurs textes, les deux rappeurs jettent surtout un coup d’œil en arrière pour parler de leur enfance, tandis que le visuel accentue davantage encore cette dimension.

« Je suis dans la peau du mec qui a loupé le penalty à la première finale mais qui va mettre un triplé au match d’après. » — Ben PLG.

« La vieille aime pas les drogués, sauf qu’elle vit sous calmants
Pas d’protects’ quand je skate, j’me déchire sur la rampe
Tu vois l’entretien d’embauche, on dirait qu’j’fais un prank
Pas du genre à chercher loin, j’aime la fille des voisins
Mes potes me disent qu’elle est moche, donc j’lui dis qu’c’est la fin »
— Orelsan.

Le visuel, comme à l’accoutumée chez Ben PLG, a été réalisé par Bien Vu Productions. Depuis ses débuts, Ben PLG développe des storylines souvent symboliques dans ses clips. Ici, il évoque la santé mentale.

Il avait déjà collaboré avec Bien Vu Productions sur « Dire je t’aime » et Paraît que les miracles n’existent pas. La boîte de production a également collaboré avec Dinos et Vacra sur « Tise & Ken » et vient de mettre en scène le dernier visuel de Ninho, « Des Piges ».

BEN plg - Mentir au psy ft. Orelsan (prod. neophron & Lucci')

À suivre

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