Chaque fin d’année est l’occasion pour les différents médias, et leurs intervenants, de publier des Tops, 5, 10, 20… Les choix des uns et des autres sont forcément subjectifs et livrent souvent l’occasion d’échanges passionnés sur les réseaux. En effet le rythme et le nombre de publications annuel confine à l’avalanche, il est donc particulièrement difficile d’écouter, de choisir et classer les projets. De plus l’exercice qui est de décider si le SCH est meilleur que le Gradur est particulièrement délicat (et sujet à caution) puisqu’en fonction du jour, de l’humeur, de la météo, …, nos propres choix peuvent être bouleversés d’une journée sur l’autre.
Plus que de faire un classement et de parler pour la millième fois des locomotives du game (que tout le monde connait et a écouté) je me suis prêté à l’exercice d’essayer de distinguer, sous les radars et dans les marécages de l’underground, 10 projets frenchies qui pour moi sont des indispensables de 2019.
Comme il est impossible de décider si A est meilleur que AA, et que comme dit plus haut ça n’a pas énormément de sens, j’ai donc fait le choix de présenter ces projets dans l’ordre alphabétique sans velléité de classement en espérant vous donner l’envie de plonger sous les radars et d’écouter plus loin…

– Butter Bullets – Noir métal.
Sortit fin juin ce nouvel opus de Butter Bullets est la confirmation de leur réel potentiel. Tout au long de ses 15 titres le duo déroule cet univers qui leur est propre, fait de prods très carrées, froides et métalliques, un gros travail sur le son et de textes acides, techniques, truffés de références à l’univers de la mode, du luxe (mais pas que), avec cette voix, ce flow, si particuliers et immédiatement identifiables.

Eloquence & Joe Lucazz – L’enfer ou l’eau chaude
En 9 titres Eloquence & Joe Lucazz nous plie le game. Un projet très bien écrit, qui s’écoute très bien en mode randomn ou en mode album. Les producteurs sont multiples mais la force des textes, l’écriture de grande qualité, les flows posés avec précision et technique, donnent une vraie unité d’album à ce projet, qui de fait se révèle très addictif.

– La Prune – BDMS3
Le trio Bordelais (parigobordelais au quotidien) nous sert là un très court projet de 5 titres, très efficaces, une sorte de condensé de leur savoir-faire. Des prods très léchées, avec des basses à fendre le bois, et une sorte de joute verbale entre nos 2 tchatcheurs qui bondissent et rebondissent dans des textes toujours aussi surréalistes, truffés de références et posé avec une grande exactitude.

– LK de l’hôtel Moscou & Holos Graphein – Vita brevis
Après le très bon Aphelion en février, il s’agit du deuxième projet de 2019 pour LK. 10 titres (9 produits par Holos Graphein) dans lesquels LK déroule son univers où se mêlent habilement l’autobiographie et la fiction. Un projet sincère et véritable, très bien écrit (comme toujours), avec des références solides, plus lumineux, plus apaisé, avec une grande maîtrise technique et un gros travail sur le son. Un vrai incontournable à coup sûr.

– Maeki Maii – Coup de pied à la lune
Sorti à l’extrême limite de 2018 (le 30 décembre) ce projet mérite amplement de figurer dans cette sélection. Servit par un pur clip (Double Panda) lors de sa parution, il faut ne pas s’arrêter à ce titre et vraiment se glisser dans l’univers de Maeki Maii. Il faut dérouler l’intégralité des 15 titres de cet album, dans lequel, sur des prods irréprochables, il déroule des textes biens écrits où se mêlent habilement les références cinématographiques, philosophiques, spirituels… Le plus suisse des montpelliérains est sans conteste un rookie à suivre.

– Moïse The Dude – OG

C’est évidemment compliqué de parler d’un projet auquel on a participé (j’ai produit Hiver le 1er titre de l’album) … Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’un superbe album de Moïse The Dude, plus éclairé que le précédent projet, plus décalé, plus combatif aussi ( War ready). On y retrouve des textes ciselés, mesurés, pesés, où chaque mot touche, le tout servit par ce flow de dandy nonchalant propre à Moïse, toutes ces particularités qui font de notre Dude national un indispensable de nos discothèques.

– Sameer Ahmad – Apaches
Retour gagnant pour Sameer Ahmad qu’on avait découvert en 2014 avec le désormais mythique Perdants Magnifiques. Dans ce très beau nouveau projet de 10 titres, cet irako-montpelliérain déroule lentement tout son talent d’écriture, appuyé on le sent sur une solide culture, et nous dresse un décors très cinématographique truffé de références littéraires, musicales et bien sûr de classiques du cinéma.

– Sauveur Eloheem – Chill
La véritable surprise de 2019 !!! Fin juin Sauveur Eloheem sort ce Chill, projet de 8 titres, très lumineux, apaisé, un vrai rayon de soleil estival, dans lequel il se livre sans fard. Au sortir d’une période agitée d’un point de vue personnel, dans un rap jeu qui goûte tant le côté obscur, Sauveur déroule ses textes précis, concis, affutés, techniques, sincères, pleins d’espoir, avec cette tonalité et ce flow (qui n’est pas sans rappeler Earl Sweatshirt) qui font sa particularité… L’album de la rédemption en quelque sorte. « La vie est une pute mais elle est belle… »

– Sournoise Boy – Intérieur Nuit
Pour parler de ce projet je vais emprunter les mots de son label (Mourir Jeune Musique) qui résument parfaitement le bye « Intérieur Nuit est le premier EP de Sournoise Boy, MC caméléon, provocateur et insaisissable. Entre spleen baudelairien et décadence genevoise, Sournoise nous plonge avec humour et mélancolie dans une “ride” solitaire, faite de soirées embrumées et de lendemains moroses. »

– Zippy – Multivers
Sur le même excellent label et dans le même esprit, Multivers est le très bon premier projet solo (5 titres inédits + 3 réédit) de Zippy. Une plongée rapide et déjantée dans des univers très cinématiques sur des prods variées et très réussie où alterne la trap, la drill, la chillwave, les bangers électros, le tout teinté de mélancolie… le clip donne une très bonne idée de la qualité et de cet univers décalé qui lui est propre, mais franchement tout le projet mérite le détour.

Previous articleJok’Air l’éternel espoir?
Next articleThe Ride
Daron de l'indé j'ai participé dès le mileu des 80 à l'aventure New Rose. Venant du punk, du hard-core, du metal, du post-punk et de la EBM, j'essaie modestement d'apporter ma pierre au rap game en proposant quelques prods aux oreilles ouvertes aux sons différents. Régulièrement je tape des collabs avec des artistes plus ou moins connus de la scène rap underground... Accessoirement j'aime écrire ce que je ressent à l'écoute de projets nouveaux, ou sur des sujets plus lourds. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent : - si j'aime j'en parle. - Si je n'aime pas , je ne dis rien (la création artistique est suffisamment compliqué sans en ajouter...). - Ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé que je n'en parle pas (ça demande du temps et du recul... pas toujours évident). Mon crédo de producteur: "Le métal en fusion se diffuse dans tes veines, départ pour un lent voyage sur le dos du dragon, ta barque frêle sur une rivière de Lean, aux frontières ténues entre le trip, la folie, le white-light, en lisière de la mort... Vous l'aurez compris mon univers est dans l'underground, les projets sombres, barrés, froids, putrides... ce qui n'exclue pas qu'à l'occasion je puisse me pluger sur des projets beaucoup plus mainstream... question d'humeur, de météo, de rencontre... c'est la passion qui me guide. Rex Spiritus Killing Poorness

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here