Les grèves achèvent les plus vaillants d’entre nous. C’est plus qu’une fatigue physique, c’est un fardeau que Paris porte sur son dos depuis une semaine comme un bref rappel que derrière les regardes ardents des Gilets Jaunes, et derrière les revendications atones des syndicats que l’on ne respecte plus se tient une société française qui tombe un peu plus plus dans le néant.

C’est dans cette ambiance délétère que nous avons décidé de sortir du XIV. Nous nous sommes d’abord dirigés vers le Moonshiner. La place qui reproduit les bars clandestins sous la prohibition n’a rien d’un capharnaüm. Attablé dans le fumoir, nous avons pu déguster deux cocktails de grande classe. Contrairement à la plupart des bars de la capitale, le Moonshiner ne rechigne pas sur le dosage. La France contrairement à l‘Espagne est connu pour utiliser de toute petite dose d’alcool. Il y a quelques années, Casey déclarait dans le titre Anti-Clubbing en faisant référence à ses origines antillaises : “Ils m’ont servi une boisson, les tonton au bled t’auraient déjà crucifié”. Mais au Moonshiner, l’ambiance n’est pas au Rap mais au Jazz. Et Tiger a particulièrement apprécié ce petit jazz de noël. Tradition mercantiliste par excellence, Noël est le meilleur moyen d’oublier qu’on est malheureux et peut être aussi le meilleur moyen de comprendre que nous sommes pauvres. Si aimer signifie acheter, si vivre signifie consommer, alors nous devenons en cette fin d’année les acteurs de notre vie.

Après un bref passage dans un bar à vin cependant assez quelconque, ces brasseries qui grossissent utilement les cafés parisiens, et qui peuvent s’avérer utile lorsqu’on a envie de rien en particulier. Nous avons fait un bref détour au Souk. Le Souk est un restaurant Marocain. Bien entendu, il est façonné à l’image de ces échoppes que l’on trouve de l’autre côté de la méditerranée. C’est plus qu’une particularité locale c’est une véritable philosophie. Alpagué à l’entrée par le serveur qui a tenté d’expliquer en quelques mot de français à Tiger en quoi consistait un Tajine tandis que je cherchais désespéramment un soutien visuel sur Google, nous sommes entrés. Au niveau de la décoration et de l’ambiance, le Souk remporte la partie. Quelques photographies suffiront à vous convaincre sur le bien fondé de cette remarque.

L’ambiance aussi est plutôt royale. Les serveurs ne sont pas trop pressants et il semble que vraisemblablement ils aiment travailler au Souk. C’est rare dans un restaurant parisien. L’antipathie fait malheureusement partie des particularités locales à Paris. Une bouteille de vin algérien, un couscous merguez et un tajine, et nous nous envolons vers le Maroc. Pour patienter nous avons commandé une brique au thon un classique. Seul problème, nous avons relativement mal évalué le dosage. Et nous avons fait “un break” avec une cigarette dehors. Les trois serveurs kabyles étaient à l’extérieur sur la terrasse. Une fois notre pause terminée je n’ai pas pu m’empêcher de dire que “Trois arabes, un iranien à l’extérieur” on risque l’arrestation. Les trois serveurs ont éclaté de rire devant les regards interrogateurs de Tiger. Je lui ai expliqué qu’en France, musulman ou non, il ne fait pas bon venir du pays du couscous, ce n’est pas vraiment du racisme, c’est de la méfiance généralisée.

Les plats servis nous nous sommes rendus compte que nous pouvions rien avaler mais ils étaient succulents. Alors on a pris un Take Away et nous nous sommes installés à “La Belle Equipe” qui diffusait Pier Pol Jac

Le Souk 1 RUE KELLER 75011 Paris

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