Depuis janvier 2025, la montée de la violence en République démocratique du Congo a entraîné une série de massacres. Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont causé la mort de 7 000 personnes, selon The Guardian, dans des villes comme Goma et Bukavu. De l’autre côté, un groupe islamiste ougandais a perpétré un massacre dans le village de Kasanga, au Nord-Kivu.
Face à cette situation désespérante, qui n’a rien de nouveau puisque les massacres se poursuivent depuis 50 ans, Gradur a rassemblé plusieurs rappeurs d’origine congolaise, français et belges, pour une mobilisation inédite. La liste est impressionnante : Gradur, Ninho, Josman, Youssoupha, Kalash Criminel, Damso. Ensemble, ils livrent un titre puissant, “Free Congo”, porteur d’un message d’espoir mais aussi de révolte face à une situation qui perdure dans l’indifférence générale. Le morceau dénonce également le silence des institutions internationales et des pays comme la France et la Belgique, historiquement impliqués dans la région.
Gradur réunit les rappeurs congolais pour “Free Congo” !
Une production engagée et mélancolique
L’instrumentale du morceau est signée par Rim’s et Stefio. Rim’s possède déjà un solide palmarès, ayant été crédité sur “Illégal”, “Passe à la caisse”, et “Sheguey 12” de Gradur, ainsi que sur le classique “Terrasser”. Il a également produit “Euphorie” pour Kalash Criminel et “Cavaliero” pour Booba.
La production, conçue pour réunir six artistes congolais aux styles très différents, mêle mélancolie et puissance, cherchant un terrain d’expression commun à ces voix engagées.
Des punchlines chocs pour briser le silence
Les rappeurs se succèdent, armés de leurs mots pour dénoncer le silence médiatique autour du génocide congolais. Déjà, à son époque, Youssoupha rappelait dans “À Force de le Dire” :
“Y’a cette tragédie humaine dont l’opinion se moque
Pourtant la guerre au Congo a fait plus de quatre millions de morts.”
Dans “Free Congo”, il enfonce le clou avec cette punchline percutante :
“Message pour mon pays, c’est le millième, j’ai pas la couleur de peau d’Eminem
Alors les JT vont pas s’agiter quand on me massacre pour des minerais.”
Kalash Criminel, quant à lui, lâche une punchline corrosive :
“Eh, Léopold a tué plus que Hitler, c’est des Congolais donc ça compte pas
À Goma, Nord-Kivu, ça bombarde, Free Congo tous les jours, mon combat
Ils ont tué Lumumba, ils nous ont rendu une dent.”
De son côté, Ninho dénonce le cynisme ambiant :
“J’me demande d’où vient le problème d’un pays aussi riche
La faute à ceux qui voient leurs poches avant la société.”
Damso reprend la célèbre devise romaine “Veni, Vidi, Vici”, en la détournant avec ironie :
“Eh, j’suis venu, j’ai vu, j’ai failli pleurer.”
L’artiste belge, déjà connu pour son engagement, avait précédemment rendu un hommage poignant à sa terre d’origine dans “Graine de Sablier”.
Un visuel entre engagement et revendication
Le clip alterne entre images de studio et extraits d’une manifestation, où les artistes, drapeau turquoise en main, militent pour la libération du Congo. La réalisation est signée NH CAM, également crédité sur le visuel “Throwback #1” de A2Z.